Selon un rapport publié par le think thank espagnol « Instituto de securidad y cultura », le Maroc aurait des visée à long terme pour la récupération de Sebta et Melilia. Ce qui a eu pour effet immédiat, la mise en place d’une nouvelle stratégie de défense espagnole prévoyant un plan de sécurité global pour Sebta et Melilla. Cette stratégie sera entérinée par le Conseil des ministres espagnol en ce mois de décembre.

Les hypothèses présentées dans ce rapport font référence à la stratégie de « zone grise » que le Maroc serait entrain de mener. Même s’ils font état que le royaume n’envisage aucun recours à l’armée, les auteurs de ce rapport considère cette stratégie comme une variante des stratégies hybrides.  Ce qui n’est pas sans rappeler les accusations portées à l’encontre de la stratégie russe en Europe de l’Est qu’ils qualifie de guerre hybride. Une façon de diaboliser le Royaume chérifien en le présentant sous des allures menaçantes pour le Vieux Continent.

Les auteurs du rapport précisent que la stratégie de zone grise se caractérise par l’ambiguïté des actions entreprises par l’État qui la mène en vue de se dégager de toute responsabilité. Or, la    doctrine géopolitique marocaine est loin d’être ambiguë surtout lorsqu’il s’agit de son intégrité territoriale.

Quoiqu’il en soit, Cette étude craint donc que le Maroc soit, par la succession de plusieurs évènements récents, dans une optique de préparation progressive de l’environnement à ce genre de stratégie de zone grise. Laquelle se déploie graduellement, sur quatre niveaux d’escalade : réglage de l’environnement, ingérence, déstabilisation et enfin un recours limité et direct à la force.

Le rapport souligne à cet effet, que le royaume souhaite asphyxier économiquement les deux enclaves. Allusion faite ici à la décision des autorités marocaines, en 2018, de fermer les frontières commerciales de Melilia et le durcissement, dès 2019, de la lutte contre la contrebande à la frontière de Sebta. Le but serait, selon ce rapport, est de les affaiblir au point que leurs habitants, ainsi que l’État espagnol, en arrivent à la conclusion que le maintien de cette situation indéfiniment est irréalisable, car très coûteuse.

Par ailleurs, le thin thank indique que le Maroc est muni d’une « patience stratégique ». Il estime que si le royaume se permet d’être patient dans l’affaire de « l’annexion » des deux villes, c’est qu’en dehors de l’aspect symbolique, il n’en retirera aucun bénéfice économique ou stratégique important. Arguant que « le Maroc insiste sur sa souveraineté sur les deux villes espagnoles, ainsi que sur les autres territoires adjacents, y compris les îles, les rochers et leurs eaux territoriales. Il le fait depuis longtemps. Sans hâte, en supposant que des facteurs tels que la démographie pourront de plus en plus jouer en sa faveur. »

A ce titre, les auteurs du rapport n’ont pas hésité à faire le rapprochement avec la déclaration de l’ancien chef du gouvernement, Saad Eddine El Otmani, en décembre 2020, sur la marocanité de Sebta et Melilia. Il annonçait alors que viendrait le temps d’y faire face, une fois le dossier du Sahara résolu.

Dès lors pour l’Instituto de securidad y cultura, le Maroc augmenterait la pression progressivement de façon à créer des paramètres d’environnement adéquats, avec une « patience stratégique » qui peut faire durer cette situation sur le long terme.

Sur le registre de la défense, le rapport recommande de revoir la vulnérabilité lié au fait que « ni Ceuta ni Melilla ne sont sous la couverture explicite de l’article 5 de l’OTAN ». Car selon lui,  la modernisation des Forces armées royales, durant les dernières années, est certes  motivée par le rapport de force régional lié au conflit du Sahara, mais elle a eu comme conséquence  la réduction du gap entre les armées marocaines et espagnoles. Ce qui a un effet dissuasif sur l’Espagne en termes de recours à la force pour rétablir la situation.

Au vu de ces éléments, le think thank considère que toutes les composantes sont réunies pour qualifier la démarche marocaine d’une stratégie de zone grise. Mais force est constater que sa lecture des événement a été adaptée de manière à faire correspondre certains aspects à une guerre hybride contre l’Espagne. Une démarche qui vise plutôt un dessin politique qu’académique puisque tout a été façonner pour placer Sebta et Melilia sont en danger (de récupération).

Et le timing de cette manœuvre ne trompe personne puisqu’ au moment où l’idée de l’Europe de la défense fait son chemin, rapport  fait état de  l’existence d’une menace marocaine sur le flanc sud de l’Europe, au même titre que la Russie à l’encontre de l’Ukraine ou des pays baltes.  au moment où l’idée de l’Europe de la défense fait son chemin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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