Se présentant comme un gaz invisible et inodore, l’hydrogène (H2) est l’élément chimique le plus léger et le plus abondant sur Terre. Rarement présent à l’état pur, il entre dans la composition de l’eau et des hydrocarbures. Selon un document du ministère de l’Energie, cette matière n’est pas seulement une source d’énergie, mais un « vecteur énergétique » qui peut être stocké, à grande échelle et sur le long terme.
L’hydrogène peut également exister sous forme naturelle dans des gisements souterrains. Des études ont démontré récemment la disponibilité de ce potentiel dans de nombreux pays, comme le Mali et les États-Unis. Dans le cas du Maroc, l’ONHYM est en train de mener des investigations sur le potentiel national en la matière.
Selon l’ONHYM, une première étude a permis la mise en évidence de huit zones d’intérêt, dont deux zones présentant des suintements de surface d’hydrogène naturel, avec des concentrations significatives.
L’ONHYM envisage de cartographier, modéliser, forer et monitorer expérimentalement les sites identifiés. Ceci permettra d’obtenir une meilleure quantification du gisement marocain d’hydrogène naturel, et de préparer éventuellement son exploitation future.
Selon le ministère de l’Energie, les propriétés de l’hydrogène permettent différentes applications en fonction du procédé de production :
- dans un réseau de gaz naturel mélangé au méthane pour générer de la chaleur ;
- dans un véhicule comme source d’énergie pour une motorisation électrique (l’électricité est produite par une pile à combustible intégrée dans le véhicule) ou thermique (combustion directe de l’hydrogène) ;
- dans le réseau électrique pour produire de l’électricité.
L’hydrogène peut aussi intervenir dans le domaine de la chimie, il y est ainsi valorisé pour ses propriétés chimiques :
- l’hydrogène est utilisé comme matière première dans les secteurs du raffinage d’hydrocarbures, de la production d’engrais, et certains usages de la chimie ;
- l’hydrogène mélangé au CO2 produit du méthane de synthèse, molécule identique au gaz naturel. Des carburants synthétiques dérivés peuvent également être produits à travers cette filière : méthanol, diesel, kérosène…
Mais, pour l’instant, le marché mondial de l’hydrogène n’absorbe pas tous les usages précités. Dans sa feuille de route pour le développement de cette filière, le ministère de l’Energie indique que le marché mondial de l’hydrogène est aujourd’hui essentiellement un marché industriel.
« L’hydrogène est utilisé dans des procédés de l’industrie pétrolière et de l’industrie chimique. Les trois marchés les plus importants sont la désulfurisation de carburants pétroliers, la synthèse d’ammoniac principalement pour les engrais, et la chimie. »
Comment peut-on produire de l’hydrogène vert au Maroc ?
L’hydrogène peut être produit de façon décarbonée et économique grâce à la technologie de l’électrolyse, qui consiste à séparer une molécule d’eau en hydrogène (H2) et en oxygène (O2) par un apport d’électricité, à condition que l’électricité ayant servi à le produire soit elle-même produite à partir de sources renouvelables.
Selon le ministère de l’Energie, la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau présente à terme une solution structurante pour l’intégration des énergies renouvelables au système énergétique.
« Ainsi produit, l’hydrogène permet d’accélérer la décarbonation de plusieurs secteurs dans l’industrie, la mobilité et les réseaux de gaz », signale le ministère dans sa feuille de route, notant par ailleurs que les électrolyseurs produisent également de l’oxygène, à raison de 8 kg d’oxygène (O2) pour 1 kg d’hydrogène (H2).
En produisant de l’hydrogène par électrolyse, le Maroc pourra également disposer d’une quantité substantielle d’oxygène pour diverses applications industrielles, à destination du marché local mais également à l’export.
















