En 2022, les ventes de pastèques marocaines aux États membres de l’UE ont connu une hausse de 81,74 % par rapport à 2019, avec 121,83 millions de kilos de plus, selon les données recueillies par le site espagnol Hortoinfo, spécialisé dans l’agriculture.
L’Espagne continue d’être le pays qui vend le plus de pastèques à ses partenaires communautaires européens, avec 524,93 millions de kilos de pastèques vendus, soit 30,75 % de toutes les pastèques achetées par l’UE, toujours selon la même source.
Avec les 270,87 millions de kilos de pastèques marocaines qui ont été vendus sur les marchés de l’UE, pour une valeur de 195,34 millions d’euros, le Maroc devient donc le deuxième fournisseur de l’UE. Détrônant ainsi l’Italie qui en a vendu 225,82 millions de kilos pour une valeur de 131,32 millions d’euros, avec un prix moyen de 0,58 euro le kilo.
Pour autant, la manne engrangée par cette prouesse ne justifie guère le coût écologique qui en découle. Car, ce n’est un secret pour personne, la situation hydrique au Maroc est alarmante. Voire critique eu égard au sévère stress hydrique dont souffre le pays.
Le rapport du World Resources Institute (WRI) avait situé le Maroc à la 23ème place du classement mondial, le plaçant ainsi, dans la case des pays avec un taux de stress hydrique «élevé». Ces données sont confirmées par la Banque mondiale, qui souligne qu’entre 1960 et 2020, les ressources hydriques renouvelables disponibles ont diminué, pour passer de 2.560 m3 à environ 620 m3 par personne et par an, entraînant le pays dans une situation de «stress hydrique structurel».
L’effroyable coût écologique de la pastèque
La culture de la pastèque, comme beaucoup de cultures de l’été détruit les sols et entraine un épuisement des ressources en eau. C’est le cas pour plusieurs villes du Sud du Maroc. A Tata, l’alerte de la pénurie d’eau a été lancée depuis plusieurs années.
La région a même été décrétée comme zone sinistrée après l’épuisement de ses ressources en eau. Lors d’une conférence-débat sous le thème «l’eau comme enjeu marocain», tenue jeudi 3 mars 2022 à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC), le Ministre de l’équipement et de l’eau, Nizar Baraka, a annoncé que dans le cadre des mesures prises pour faire face à la pénurie des ressources hydrauliques, le gouvernement allait renoncer à la culture de la pastèque à Tata.
Faut-il se réjouir d’être au sommet des exportateurs d’un produit dangereux pour l’équilibre écologique du pays? Le discours sur la décarbonation et la transition énergétique de l’économie marocaine ne devrait-il pas ruisseler suivant une approche transversale qui touche l’ensemble du tissu productif marocain?
En l’espèce, il faut trancher dans le vif et réorienter les politiques agricoles vers la mise en valeur de l’eau pluviale par exemple et privilégier des cultures durables et économes en eau.
















