La pandémie, une opportunité pour une relance durable

La relance peut être génératrice de revenus, d’emplois et de croissance, et peut stimuler la mise en œuvre d’actions à moyen et long terme conformes aux objectifs environnementaux nationaux et mondiaux. Autre considération importante : le fait de placer l’humain au centre des plans de reprise verte peut jeter les bases d’un bien-être durable.

La pandémie et la crise socioéconomique qui en découle ont souligné le rôle important joué par la santé et la résilience environnementale dans la santé publique. Une meilleure qualité de l’air et de l’eau, une gestion efficace des déchets et une protection renforcée de la biodiversité permettront non seulement de réduire la vulnérabilité des communautés aux pandémies, mais aussi d’améliorer le bien-être et la résilience de la société dans son ensemble.

Une bonne qualité de l’air est bénéfique sur le plan de la santé publique et du bien-être, mais elle procure aussi des avantages économiques significatifs dans la mesure où le nombre de maladies liées à la pollution diminue, tout comme leur impact sur la productivité des travailleurs…

Autant dire que la crise actuelle pose des défis. A charge pour le gouvernement d’orienter ses efforts de sorte que les mesures de relance impactent positivement (et non négativement) la viabilité environnementale et le bien-être. Mais il faut dire que la dictature de l’urgence en a décidé autrement.

Pour l’Exécutif, la priorité est de remettre rapidement sur pied l’économie. Cela passe souvent par les investissements, technologies et plans d’investissement habituels, révélateurs d’une certaine inertie du système, d’un manque de compréhension des facteurs de croissance durable et d’une carence d’informations sur les alternatives de développement durable. L’expérience tirée des mesures de relance prises au lendemain des précédentes récessions économiques montre que les effets négatifs sur l’environnement peuvent être considérables, voire atteindre des niveaux supérieurs à ceux enregistrés avant la récession.

Pour s’assurer que les mesures d’urgence n’entrainent pas un assouplissement des normes et réglementations environnementales (ce qui aurait pour effet d’exacerber les défis environnementaux actuels), une approche globale de l’évaluation de l’impact des mesures de relance doit être adoptée dans les règles de l’art. Ce qui confirme la thèse selon laquelle la reprise peut aussi être l’occasion de «reconstruire en mieux », en combinant l’accent mis sur le rétablissement de la croissance et la création d’emplois avec la réalisation des buts et objectifs environnementaux. Encore faut il sortir des sentiers battus en faisant mieux qu’amortir les chocs induits par la pandémie. Cette dernière devant représenter, plus une opportunité qu’une contrainte, pour mieux faire. Vers une économie plus juste et plus verte.

La relance verte est l’occasion d’entreprendre une restructuration profonde des secteurs et des activités essentiels afin de soutenir, de manière socialement inclusive, la transition vers une économie à faibles émissions, climatiquement résiliente et économe en ressources, et d’améliorer la résilience de l’économie.

Non seulement cette approche serait conforme aux engagements nationaux et internationaux pris dans le cadre de l’Accord de Paris, aux objectifs de développement durable et aux autres accords internationaux sur l’environnement, mais elle permettrait aussi d’améliorer le bien-être des Marocains à court et moyen, comme à plus long termes.

La crise économique a également accentué la nécessité de fournir une aide appropriée aux communautés pénalisées par la transition vers une économie sobre en carbone, en proposant par exemple des formations ou des reconversions, ainsi que des mesures permettant d’améliorer la mobilité et de soutenir le développement et l’implantation d’industries alternatives dans les régions.

Des investissements sociaux sont en outre nécessaires pour éviter que certains secteurs ne se transforment en autant de laissés-pour-compte de la transition verte, y compris des mesures ciblées pour renforcer la protection et le dialogue social. Les droits à la sécurité sociale pourraient aussi être adaptés dans le contexte de transition vers de nouveaux types d’emploi et de contrats….

Libérer l’innovation

Malgré quelques avancées, l’innovation actuelle ne suffira pas à atteindre les objectifs environnementaux et climatiques ambitieux. La création et la diffusion de nouveaux produits, processus et méthodes sont les clés de la création de nouvelles filières et de nouveaux emplois, de l’accroissement de la productivité et du passage à une relance verte.

Les possibilités d’innovation écologique sont nombreuses, par exemple dans les domaines des technologies pour les énergies renouvelables, du stockage de l’énergie, du confort thermique des bâtiments, des véhicules électriques, hybrides et économes en carburant, ou encore des technologies de séquestration, stockage et utilisation du carbone.

Accès illimité

Voilà pourquoi les mesures de relance sont une occasion inespérée de renforcer le financement de l’innovation, bien que l’action gouvernementale en faveur de l’innovation est appelée nécessairement à dépasser le seul seuil du financement de la R-D.

Les barrières fréquentes à l’innovation sont l’accès asymétrique à l’information, l’incertitude face aux futures stratégies politiques, les barrières commerciales et surtout l’accès aux financements. Sur ce dernier point, la relance verte et génératrice d’emplois exige des ressources financières supplémentaires.

Pour financer pleinement la transition vers une économie bas carbone, il est impératif d’utiliser stratégiquement les ressources publiques dédiées aux mesures vertes en vue de mobiliser du capital de ressources privées. À cette fin, le système financier doit estimer à sa juste valeur et incorporer le risque climatique lié à la biodiversité.

Les marchés financiers doivent également être transparents et efficaces pour garantir l’intégrité du marché et conserver la confiance des investisseurs, ce qui renforcera alors sa propre résilience. Ces dernières années, des milliers de milliards de dollars de capital ont été dédiés à des investissements évalués sur la base de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Dans le contexte de la COVID-19, porter une plus grande attention à des risques ESG non financiers est plus important que jamais, tant pour la durabilité que comme facteur concurrentiel permettant de remporter des parts de marché et des investissements.

Les critères ESG ont contribué à sensibiliser les entreprises et les investisseurs et à renforcer leurs engagements, mais il est urgent de continuer dans cette voie pour garantir que les notations d’ESG soient adaptées aux objectifs. Les marchés ESG comptent aujourd’hui une grande variété (et parfois des divergences) de méthodologies, d’indicateurs de performance et de structures de produits.

Coopération mondiale…

Les problèmes environnementaux les plus urgents étant également en grande partie de nature transnationale, la réponse aux défis environnementaux mondiaux passe par une coopération multinationale, notamment pour réaliser à moindre coût les actions de transformation significatives indispensables.

Cette approche est essentielle pour renforcer la résilience et le bien-être, notamment pour consolider les moyens de défense contre de futures pandémies, mais aussi pour concrétiser le potentiel de création d’emploi, de revenus et de croissance des secteurs verts. La relance verte devient à cet égard un élément central, tant au plan national qu’international.

Les politiques actuelles se concentrent sur des mesures nationales soutenues par des initiatives internationales de suivi telles que le MCC. Cependant, un assouplissement du commerce international des biens et services environnementaux, une meilleure coopération en matière d’innovation et de flux accrus de finance durable, et un soutien technique entre pays développés et en développement s’avèrent aussi essentiels.

Ils ne peuvent être obtenus sans accroître la coopération à l’échelle mondiale. connaître du grand public. Les financements par fonds propres sont essentiels dans un contexte de recul de crédits bancaires accordés aux PME, mais ce mode de financement reste largement méconnu par les dirigeants des PME marocaines et réservés aux entreprises disposant d’un potentiel de croissance élevé. Toutefois, malgré son importance, le capital-risque ne pourrait pas se substituer aux financements bancaires mais pourrait néanmoins le compléter.

La réforme du cadre juridique serait un grand début pour développer cette activité. Ceci devrait, cependant, aller de pair avec le renforcement de la transparence et des règles de bonne gouvernance de la part des PME.

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