Biotechnologie, un investissement dans la souveraineté sanitaire

Le projet de fabrication et de mise en seringue du vaccin anti-Covid19 au Maroc est désormais une réalité. Outre la volonté de créer les conditions nécessaires pour rehausser les capacités du Maroc et du continent en matière de production de vaccins et de biothérapies, il s’agit d’abord de renforcer la souveraineté sanitaire du pays face aux dépendances extérieures et aux contingences politiques.

Le projet est le fruit d’un partenariat public-privé qui survient après l’entretien téléphonique du 31 août entre le Souverain et le Président chinois Xi Jinping, qui a abouti au partenariat avec le groupe Sinopharm. Depuis, Samir Machour, désigné pour identifier et négocier au nom du Maroc, des opportunités de transfert de technologies et biopharmaceutiques, a pris sa mission à bras-le-corps. C’est dans ce contexte, que sont nées des synergies et des relations d’affaires entre industriels nationaux et internationaux.

Aussi, les vaccins qui seront produits au Maroc profiteront de l’expertise du groupe chinois Sinopharm, du laboratoire marocain Sothema et du groupe pharmaceutique suédois Recipharm . En chiffres, le projet vise à démarrer à court terme avec une capacité de production mensuelle de 5 millions de doses de vaccin anti-Covid19, avant de passer à la vitesse de croisière sur le moyen terme.

Une feuille de route en trois phases

Pour cela, le programme établi passera par trois phases importantes. La première consiste à démarrer immédiatement la production de vaccins anti-covid 19. Dans ce cadre, un contrat de mise à disposition des installations de remplissage du laboratoire pharmaceutique marocain Sothema pour la fabrication du vaccin anti-Covid-19 (propriété de la société chinoise Sinopharm) a été signé par sa PDG, Lamia Tazi, et par le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb.

Le laboratoire avait déjà participé aux essais cliniques de phase III du vaccin Sinopharm dans le Royaume (voir par ailleurs). Cette étape, qui permettra de répondre à l’impératif sanitaire devrait se poursuivre jusqu’en 2023, soit la fin attendue de la pandémie qui devrait se traduire sur le terrain par l’atteinte de l’immunité collective nationale et continentale.

Pendant ce temps, la deuxième phase démarrera parallèlement avec le lancement du chantier de construction du nouveau site de production de vaccins et de biothérapies qui nécessitera un investissement global de 500 millions de dollars, selon un montage qui a fait l’objet d’un accord signé par le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, le PDG de la société Recipharm, Marc Funk, et le représentant du consortium de banques marocaines (formé par Bank Of Africa, Attijariwafa bank et BCP), Othman Benjelloun. A noter, que le nouveau Fonds Mohammed-VI pour l’investissement, mis en place en décembre dernier et présidé par Benchaâboun, devrait prendre une part importante dans le projet aux côtés des banques.

Quant au groupe pharmaceutique suédois Recipharm, il apportera, entre autres, dans le cadre de ce mégaprojet son assistance au pilotage de la réalisation du projet, la formation, ainsi que le transfert de technologie. Il assurera également, la gestion du site de production de vaccins et de biothérapies pour lequel il garantira également, un niveau qualitatif et des standards internationalement reconnus. Selon un communiqué publié par Recipharm, la nouvelle usine s’étendra sur une superficie de 42 hectares et sera opérationnelle en 2023. Le site industriel sera, selon Recipharm, un reflet à plus grande échelle de l’usine française du Monts, en Indre-et-Loire, qui fabrique sous licence des vaccins Moderna.

Enfin, la troisième étape de la feuille de route consistera en la mise en place des conditions nécessaires qui permettront au niveau de production d’être reconnu mondialement comme une plateforme crédible de développement et de production de vaccins et biothérapies en vrac et produits finis. Aujourd’hui, les principes de base pour un partenariat prometteur sont bien là pour donner naissance à un chantier qui permettra au Royaume de se frayer une place dans la cour des grands par la co-industrialisation et le transfert de technologies.

Logique que la Chine et Sinopharm aient misé sur le Royaume, un allié sûr pour le renforcement des capacités de fabrication de vaccins et pour exporter vers le reste du continent. Et selon des experts, la Chine a tout à gagner d’un tel partenariat avec le Maroc, un pays fortement implanté en Afrique et qui maîtrise les circuits de distribution.

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